Friday, September 19, 2014

Droits des Usagers des Services bancaires  Part 4 (suite et fin)


IV.              DES MESURES ET RUPTURES NECESSAIRES A UNE VERITABLE INCLUSION FINANCIERE DES POPULATIONS

L’atteinte de l’objectif d’inclusion financière des populations,  et d’accélération de la bancarisation et du financement bancaire des Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) prônés par la BCEAO à travers ce type de mesures ne saurait prospérer que si la réglementation bancaire actuelle est  respectée et surveillée . Il en est de même que l’application du principe qui veut que chaque rémunération doive correspondre à un service ou à un produit demandé en dehors des services de base qui relèvent plus des conditions de fonctionnement des comptes que de services ou produits bancaires. En dehors de ce qui précède un système inclusif nécessite entre autres :
·         La généralisation des conventions de compte qui permet au client de mieux connaitre les conditions de sa relation avec la Banque au moment où cette obligation est très peu respectée par les banques
·         Le respect d’un droit au compte avec un minimum de services de base gratuits
·         Les mesures qui favorisent la mobilité des clients pour leur permettre de bénéficier des effets de la concurrence sur le marché
·         L’amélioration de l’information des usagers sur les couts des produits et services qui leur sont  proposés
·         La transmission au client de relevés périodiques et d’un récapitulatif annuel des frais qui constitue une obligation que pratiquement aucune banque ne respecte
·         La poursuite de la lutte contre certaines pratiques abusives et sans base légal comme la réclamation de frais pour des attestations de non engagement auprès des banques par exemple.
Toutes ces mesures fondatrices d’un système financier inclusif ne se mettront en place que dans le cadre d’une concertation tripartite (Banques - Association d’usagers de Banque et Banque Centrale) au sein de laquelle chacune des parties jouera pleinement et de manière responsable son rôle.

V.                DES RUPTURES NECESSAIRES POUR UNE VERITABLE INCLUSION FINANCIERE DES POPULATIONS

Au total, la recherche annoncée par la BCEAO « du renforcement de l’inclusion financière de la population, de l’accélération de la bancarisation et du financement bancaire de notre économie », ne saurait se réaliser à travers ce type de « mesures de gratuité » ou de « tarification modérée annoncée » mais  devrait l’être à travers des perspectives de des ruptures fondamentales au niveau des autorités quant à leur  perception de la relation  banque clientèle,  à travers :
·         Une nouvelle conception de la notion de libéralisation qui ne devrait pas se limiter à une non intervention dans la relation banque client mais ; à inciter la BCEAO à jouer un rôle de régulateur, en tant que garant de l’intérêt général, parce que dépositaire de la délégation de pouvoirs de ses états membres et non, comme jusqu’ici annoncé « dans le strict respect de la libéralisation des conditions de banques en vigueur dans l’Union ».
·         Une plus grande considération et implication dans les processus de décision de la clientèle qui constitue le socle et le principal bénéficiaire du système financier. Cette implication de la clientèle permettra un plus grand respect des droits et obligations des parties et améliorera les prises de décision dans l’intérêt du système financier et non en faveur d’intérêts corporatistes.

En dehors de ces deux (2) ruptures fondamentales ; l’inclusion financière des populations passera par le respect par toutes les parties de la réglementation ainsi que des droits et obligations des parties, sous un système de surveillance efficace,  ainsi que par les mesures de base efficaces pour une véritable inclusion financière des populations ci-dessus énoncés.