Wednesday, October 30, 2013

SAGA SANDAGA



SAGA SANDAGA


Dans une récente déclaration sur le site de l'incendie du marché Sandaga, Mr Pape Diop ancien maire de Dakar, nous apprend qu'il avait lui-même, en 2008, fait le constat, accompagné d'une équipe de la télévision nationale, du danger imminent; Mr Diop dit avoir envoyé son rapport au président Abdoulaye Wade, avant d'être appelé à des fonctions plus prestigieuses: président de l'assemblée nationale, puis président du sénat ( deuxième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire, après le père et le fils qui ne faisaient qu'un.. )
Manifestement ce rapport, comme tant d'autre rapports sous l’ère Wade, ne fut pas suivi des mesures idoines. Au contraire, une insupportable anarchie s'ajouta au cocktail de pollution, d'insalubrité et de délinquance.
Depuis un certain conseil des ministres du gouvernement du Sénégal tenu en octobre 2013, les choses s'emballent.
Que le conseil des ministres inscrive la question du marché Sandaga au premier point de son ordre du jour est étonnant, mais assurément un bon signe pour Renaissance Dakar-Plateau, dont la lettre ouverte adressée au maire de Dakar quelques jours auparavant le suppliait de nous préserver " du Joola bis que constitue le marché Sandaga."
Depuis lors, le préfet de Dakar a pris un arrêté portant fermeture du marché Sandaga.
En fait cela fait au moins vingt ans que la dangerosité de ce bâtiment historique a été constatée, et des solutions pertinentes proposées. Le seul bien, mais combien appréciable, qui a été fait à ce bâtiment depuis le temps est de l'avoir classé patrimoine historique.
Une semaine plus après la fermeture du marché par mesure administrative urgente, un incendie est déclaré. Mr Diop, ancien maire, revenu dans l'opposition, soupçonne une main criminelle derrière l'incendie. " Ce n'est pas gratuit", dit-il.
Une décision préfectorale de "recasement provisoire" des marchands sur un terrain situé en face du palais de justice est annoncée.à travers les media. De quoi faire sortir le juge Kanji, premier président de la cour d'appel, de sa réserve légendaire. "Inadmissible! Manque de respect vis a vis du pouvoir judiciaire!".
Devant la menace du corps judiciaire en entier d'observer un arrêt de travail, il est aussitôt procédé au démantèlement du "marché provisoire.
Intervient le ministre de la justice,  avocat de profession, pour annoncer le redéploiement des marchands sur le site des champs de course/4C, en fait deux sites proches mais distincts. Lequel vraiment de ces deux sites? En tous cas, aux dernières nouvelles, ni les populations de la Médina, ni les marchand déguerpis ne veulent de ce site des champs de course.
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La Saga Sandaga continue...


Bara Diokhané
www.facebook.com/rendakpla




Saturday, October 26, 2013

COMBIEN COUTE DAKAR?

 par Sylvette Maurin

Combien "coûte" la ville de Dakar ! Bon sang de bon sang, si je pouvais, je l'achèterais en entier, du nord au sud, de l'est à l'ouest... Je rénoverais tout, je conserverais tout, je nettoierais tout, je laisserais les arbres et les baobabs, je planterais des flamboyants partout, je construirais des jardins d'enfants, des espaces verts, des bassins, des jets d'eaux, pas trop, je mettrais de l'éclairage photovoltaïque partout, je nettoierais toutes les rues, tous les trottoirs, je construirais des supers marchés chouettes et sympathiques partout où cela serait possible, sans que cela ne dérange les riverains, je construirais des maternités, des centres de planning familial, des orphelinats, tout, tout, tout, des jardins d'enfants, des crèches, des écoles, des collèges, des lycées, je garderais toutes les anciennes constructions, et là où cela ne serait vraiment plus possible, je ferais construire des immeubles, pas trop hauts, avec de super beaux matériaux, et qui soient adaptés au climat de la presqu'île... Oh N'Dakarou, N'Dakarou, si je pouvais, je t'achèterais en entier et je ferais de toi la reine des villes de cette planète, la plus belle, la mieux lotie, la mieux dotée, je te ferais des robes de mariées de toutes les couleurs, je te projetterais sur tous les écrans du monde, pour montrer comme tu es belle, avec tes corniches, à l'est, à l'ouest, et tes plages et criques magnifiques, et tes recoins secrets, cachés, dissimulés, camouflés, ton océan qui lèche tes rivages, tes vagues blanches, tes falaises de basalte, tes rites, tes secrets, tes légendes, tes modernités ! N'Dakarou, N'Dakarou, comment peut-on te laisser ainsi basculer, d'année en année. Je t'aime, ma ville, ma belle cité atlante, je t'aime tant ! Que les Mamiwatas te protègent ! Amine.
INCENDIE A SANDAGA!






Pape Diop, ancien maire de Dakar, ancien président de l'assemblée nationale, ancien président du sénat, et figure de l'opposition, pense qu'il y a une main criminelle derrière l'incendie de Sandaga...

Tuesday, October 22, 2013

Sandaga: What's next? Bara Diokhané







Djibril Mambety Diop (photo Badara Diokhané)


Le mythique marché Sandaga fermé! On ose à peine y croire, tellement cette mesure urgente de sécurité et de salubrité publique, annoncée depuis une vingtaine d'années tardait à se matérialiser, malgré la détérioration évidente du bâtiment et la grave menace sanitaire.

Pour l'enfant du Plateau que je fus et demeure, Sandaga, c'est une partie de mon vécu, car durant mon adolescence, j'y allais acheter des fruits et légumes, ou de la cola, pour ma mére. J'en profitais pour monter jusqu'à la terrasse où des ballets africains qui faisaient le tour du monde conduisaient leurs répétitions. J'avais aussi un voisin guinéen dont le père, un homme austère et sévère, vendait des fruits à Sandaga., Il nous arrivait d'aller visiter son stand, espérant quelques fruits qu'il ne nous offrait jamais. Nous avions un nom de code pour lui:.

Je sais donc que le marché Sandaga a contribué au développement de mon sens du rythme, des couleurs et des rencontres.

Quel grand bonheur, quel grand honneur,quelle émotion, ce jour inoubliable où je me trouvais assis au premier rang d' un spectacle au Lincoln Center de New York, présentant les ballets africains, avec, cerise sur le gâteau, le Tambour Major, Doudou NDiaye Rose, qui en finale, dirigea un grand ensemble de percussionnistes sénégalais, nigérians, maliens, guinéens, burundais...L''unité culturelle de l'Afrique en démonstration rythmique et harmonique devant une salle comble électrifiée.

En intro du concert, Doudou avait improvisé un hommage à Amadou Diallo, le jeune Guinéen du Bronx qui venait juste de recevoir 41 coups de feu de la part de policiers  new-yorkais. (Bruce Springsteen, the Boss, réalisa plus tard son titre "41 Shots")

Les années ont passé, et de nos jours Sandaga est le véritable problème d'aménagement urbain du centre-ville de Dakar, un capharnaüm répugnant et dangereux. Un véritable cauchemar.

Selon l' influent site de destinations touristiques Lonely Planet; "le marché Sandaga est l'endroit de Dakar où vous pouvez tout acheter, tant qu'on ne vole pas votre portefeuille".

Quelle triste et préjudiciable réputation pour le Coeur de Dakar!

Le cancer a failli atteindre le stade de la métastase avec la malheureuse installation, par la Ville de Dakar, de trois sites hideux de" recasement" provisoire sur la plus mythique des artères de la capitale sénégalaise!

Fort heureusement l'Etat a pris le taureau par les cornes en inscrivant le problème de Sandaga au premier point de l'ordre du jour d'un conseil des ministres, prévenant ainsi l’avènement d'une terrible catastrophe.




 C'est au sortir d'une audience qu'avait accordée le président Abdou Diouf en 1995 à un groupe d'artistes et d'intellectuels, que la proposition de déplacer le marché Sandaga vers une autre zone fut retenue.

 Faisait partie de la délégation feu Djibril Mambéty Diop, le visionnaire cinéaste  dont l'oeuvre fut entièrement réalisée à Dakar. Djibril avait bien su vendre au président son rêve de voir le bâtiment classé abritant le marché Sandaga être restauré pour abriter un lieu culturel dit "La Maison de l'Afrique", qui serait le centre d'une zone piétonne, avec des commerces offrant le meilleur Made in Sénégal.
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Complétant le rêve, notre ami Lorenzo Pace le sculpteur new-yorkais offrit de réaliser gratuitement au carrefour de Sandaga la dyptique de son monument "Triumph of the Human Spirit" érigé devant la Cour Suprême de New York, à la porte de Wall Street.

Avec la décision courageuse et salutaire de fermeture et d'évacuation en urgence du marché Sandaga, le rêve de Djibril et Lorenzo s'approcherait t-il  du réel? Osons rêver avec eux, et le résultat sera un Dakar enfin décidé à entrer dans le 3e millénaire.


Bara Diokhané

Tuesday, October 8, 2013

Interview de Bara Diokhané avec Cheikh Ba, Rewmi Quotidien

INTERVIEW

1       
  Depuis  quelques mois,  une pétition a été déposée  à la Mairie de Dakar,  pour réclamer la suspension de l’installation spontanée d’un marché sur  la rue Mass Diokhané. Où en êtes-vous, vous, les riverains?
La pétition a été déposée depuis le 8 juillet 2013. Nous n’avons pas reçu de réponse formelle, mais on voit parfois des employés d’une compagnie UDE s’affairer sur le site. Il y a une semaine de nombreux « attributaires » de places sans doute impatients, étaient sur le site en conciliabule avec des employés de la mairie. Nous restons vigilants.

2         La municipalité voit dans le projet, une façon de recaser des déguerpis, en attendant de leur trouver un site fixe. Qu’est qui vous gêne exactement dans cette initiative qui n’est pas censée durer ?
La violation, sous mon nez, de la Constitution, du Code de l’environnement, du  Code de l’Assainissement et du Code des Collectivités Locales par une administration locale. Je suis tout de même un juriste qui avait initié, à partir des années  1987, avec l’Association des Jeunes avocats Sénégalais, le « Tour Juridique du Sénégal », à mon avis, le plus important programme de défense et promotion des droits humains dans l’histoire du Sénégal  et de la sous-région. A New York, j’ai eu un Fellowship en Social Justice Leadership, et  j’ai travaillé pendant deux ans pour le Center for Law and Social Justice à la City University of New York.. Je déteste l’injustice, et je la combats avec le Droit.

3 Il est de plus en plus question de désengorger, sinon de déplacer le marché Sandaga qui causerait plus de torts à la ville de Dakar. Souscrivez-vous  à l’idée, et qu’en attendraient les résidents de du Plateau.  ?
Le marché Sandaga constitue un Joola bis plus que potentiel. Quand j’étais enfant  ma mère m’envoyait parfois faire ses courses au marché Sandaga. J’en profitais  pour monter jusqu’à la terrasse et suivre les répétitions des ballets africains qui faisaient le tour du monde. J’y ai développé mon sens du rythme.  De nos jours aucun parent conscient n’enverrait son enfant faire des courses à l’intérieur du marché Sandaga. Il y a plus de 20 ans, il était déjà question d’évacuer  le marché Sandaga. Le cinéaste Djibril Diop Mambéty avait d’ailleurs  soumis au président Abdou Diouf, l’idée géniale de faire de ce bâtiment historique ce qu’il appelait « La Maison de l’Afrique », au centre d’une zone piétonne. Je ne  pense pas  qu’il y ait eu idée plus pertinente depuis. Moi-même j’avais , en 2002, soumis au président Wade l’idée d’ériger un monument au carrefour de Sandaga. Mon ami, le sculpteur africain américain Lorenzo Pace, dont l’œuvre monumentale « Triumph of the Human Spirit » fait face à la Cour Suprême de New York à Manhattan, était partant pour réaliser la duplique africaine de ce monument à Sandaga, et ce, gratuitement.  Malheureusement, le président Wade avait préféré son « Monument  de la Renaissance. »

 4 Dans le même ordre d’idée, la mairie parle de rénover le cadre de vie et de redistribuer l’espace urbain. Cela ne constituera  pas une occasion pour vous, de revendiquer espaces verts  et autres mobiliers urbains qui n’existent plus au centre-ville ?
La mairie parle de beaucoup de concepts. Le problème c’est qu’on ne devrait même pas être amené à revendiquer cela, parce que c’est ce qui fait une ville durable , capitale de surplus. Si on en est arrivé là, c’est que la situation est devenue alarmante.  Dakar est devenue une ville polluée : pollution atmosphérique, sonore et lumineuse, sans oublier les ordures, les mendiants, lépreux, enfants exploités, les ventes sur la voie publique, etc .  Ce n’est pas  une mairie qui méprise une pétition de plus 500 citoyens qui va nous demander notre avis sur l’organisation de notre cadre de vie. Mais ce n’est pas une raison d’abdiquer.Souhaitons que la mairie change de paradigme en réalisant que les citoyens qu’elle appelle bureaucratiquement, et avec condescendance  ses administrés sont en réalité ses mandants à qui elle rendra compte tôt ou tard. 

Juin 2002. Entre les mains du Président Wade, le projet du monument au carrefour de Sandaga proposé par Lorenzo Pace.

Cheikh Ba pour Rewmi Quotidien