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Friday, December 6, 2013

Requête des Populations de Dakar-Plateau contre la Municipalité écocide de Dakar. Ave Madiba!




REQUETE A MONSIEUR LE PREMIER PRESIDENT DE LA COUR SUPREME


Les habitants et riverains de la rue Elhadj Mass Diokhané, Dakar-Plateau dont les noms suivent :
Agence immobilière Camara, 16 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Marie NDiaye, demeurant à Dakar, 7, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Alioune Badara Fall, avocat à la Cour, 17 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau ;
Ets Tamsir MBoup, sis à Dakar-Plateau,1, rue Mass Diokhané,
Ismael Ka, notaire, rue Felix Faure, Dakar-Plateau
NDéye  NDoye  Thiandoum, ménagère, 14 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Ouréye  MBengue, 14, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Moumini  Hachimi, cordonnier, demeurant à Daka,13 rue Mass Diokhané
Ass Niang, bijoutier, 11 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Badara  Diokhané, 8 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Mamoun  Diokhané, 8, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Mamadou  Diokhané, 8, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Cheikh Fal, banquier, 19 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
George Layousse, pharmacien, rue Carnot, Dakar-Plateau
Sabah Saleh, couturiére, rue Carnot, Dakar-Plateau
Henri NDiaye, propriétaire Hotel Saint Louis, rue Félix Faure, Dakar-Plateau
Karim Houdrouge, entrepreneur, avenue André Peytavin, Dakar-Plateau
Henri Labéry, agent de voyages, avenue Peytavin, Dakar-Plateau
Bira Guéye, journaliste, 11 avenue Jean Jaurés, Dakar-Plateau
Papa Alassane NDir, expert, rue Amadou Assane NDoye, Dakar-Plateau
Cheikh Tidiane Sall, 64 rue Amadou Assane NDoye, Dakar-Plateau
Bocar Sy, consultant, Building Air France, avenue Peytavin, Dakar-Plateau
Addad Assane NDoye, , 80 avenue George Pompidou, Dakar-Plateau
Issa Samb, alias Joe Ouakam, artiste 13 rue Jules Ferry, Dakar-Plateau
Gabriel Fal, banquier, 32, rue Dr Théze, Dakar-Plateau
Lamine Diagne Cavin, rue Joseph Gomis, Dakar-Plateau
Joseph George NDiaye, Immeuble Sorano, avenue de la République, Dakar-Plateau
Ibou Séne, 63 avenue Lamine Guéye, Dakar-Plateau
Papa NDoye, rue Félix Faure, Dakar-Plateau
Mentor Diagne, 44 rue Vincens, Dakar-Plateau
Angelique Sow, 72 rue Assane NDoye, Dakar-Plateau
Moussa Diop Sambalaye, 8, rue Dardanelles, Dakar-Plateau
Louis Camara, 16 rue Jules Ferry, Dakar-Plateau
Boubacar Diallo, 60, rue Felix Faure, Dakar-Plateau


Faisant tous élection de domicile en l’étude de Me Bara Diokhané, Avocat à la Cour, 8, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau

ONT L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

Qu’ils sont, depuis des décennies, résidents et riverains de la rue Elhadj Mass Diokhané (ex rue Denain) sise à Dakar-Plateau, une petite rue d’à peine 200 mètres de long, déjà amputée d’une bonne partie par les services du Ministère de l’ Intérieur qui en refusent le passage aux piétons non autorisés ;
Que courant Mai 2003, ils furent informés par une banderole suspendue sur la devanture d’un terrain nu sis au no 3 de la rue Mass Diokhané, que la Ville de Dakar devait en faire un « site de recasement provisoire des marchands tabliers », lesquels venaient d’être déguerpis des environs du marché Sandaga;
Qu’une visite sur les lieux prévus pour installer ce marché spontané révèle que pour une installation prévue pour plus de deux cents marchands tabliers, seules deux toilettes mobiles sont installées sur le site non aménagé (voir photo)
Que le 8 Juillet 2013 les requérants ont formellement exprimé leur opposition à un tel projet conduit en violation d’un droit fondamental proclamé et garanti par la Constitution Sénégalaise, à savoir le droit à un environnement sain (article 8), par le dépôt à l’Hôtel de Ville de Dakar d’une pétition regroupant les signatures de centaines de citoyens de la commune de Dakar-Plateau ;
Que durant le mois d’Aout 2013, le quotidien Enquête publiait un reportage fouillé sur le problème intitulé : Les riverains de la rue Mass Diokhané disent : « Non » http://www.enqueteplus.com/content/dakar-plateau-recasement-provisoire-des-ambulants-les-riverains-de-la-rue-mass-diokhan%C3%A9
Que le 26 septembre 2013, Mr Bara Diokhané publiait dans le blog Renaissance Dakar-Plateau une « Lettre d’un Dakarois au Maire de Dakar » dans laquelle étaient présentés les arguments des habitants de la commune de Dakar-Plateau http://rendakpla.blogspot.com/2013/09/lettre-dun-dakarois-au-maire-de-dakar.html
Que malgré toutes ces interpellations et approches citoyennes, la Ville de Dakar s’est étrangement abstenue de toute communication sur  cette imminente menace à la santé, à la sécurité et au cadre de vie de paisibles citoyens ;
Qu’il est remarquable qu’après avoir annoncé la mesure qualifiée d’urgente et provisoire depuis le mois de mai 2013, ce n’est que le… 27 Novembre 2013, que les premiers signes d’installation ont été observés, comme en fait foi le procès-verbal de Me Gnagna Seck, huissier de justice ;  
Que le comportement de la Ville de Dakar constitue une atteinte à un droit fondamental garanti par la Constitution du Sénégal, notamment en son article 8 traitant des libertés publiques, et garantissant à tous citoyens le droit fondamental à un environnement sain ;
Que la Ville de Dakar viole les dispositions légales prévues par le Code de l’Environnement relatives aux installations classées, notamment en ses articles L9 ; L13 et L16.
Aux termes de l’article L9 du Code de l’Environnement, sont considérées comme installations classées  « les installations industrielles artisanales ou commerciales exploitées ou détenues par toute personne physique ou morales, publique ou privée, et toutes autres activités qui présentent soit des dangers pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, soit des inconvénients pour la commodité du voisinage. » 

De même l’article L13 dispose : » Les installations classées dans la première classe doivent faire l’objet avant leur construction ou leur installation ou leur mise en service d’une autorisation d’exploitation délivrée par arrêté du ministre chargé de l’environnement. »
« Cette autorisation est obligatoirement subordonnée à leur éloignement sur un rayon de 500 mètres au moins des habitations. »

Enfin l’article L 16 précise : « La demande d’autorisation d’une installation de première classe doit faire l’objet d’une enquête publique prescrite par décision du représentant de l’Etat. »
Qu’il y a urgence qui justifie le recours aux dispositions des articles 77, 78 et 79 et 80 de la loi organique sur la Cour Suprême afin que soit ordonné : 
-       Le sursis à exécution. 
La désignation d’un expert aux fins d’ étude de l’impact environnemental du projet de recasement provisoire des marchand déguerpis de Sandaga dans le secteur résidentiel de la rue Elhaj Mass Diokhané à Dakar-Plateau.

Sous toutes réserves,
Pour requête présentée à Dakar, le 4 Décembre 2013

Me Bara Diokhané
Avocat à la Cour

Thursday, November 28, 2013

Le Retour des Déguerpis

LE RETOUR DES DEGUERPIS

Après quelques semaines de répit, la Ville de Dakar revient compromettre le bien-être des habitants de la commune de Dakar-Plateau, avec son projet débile,  de recaser "provisoirement" les marchands déguerpis des grandes artères sur la minuscule rue résidentielle dite Mass Diokhané, ceci en violation des règles élémentaires de bonne gouvernance, qui exigent: l'information, la concertation, et la transparence. Et en violation des dispositions légales qui régissent la question de l'installation d'établissements classés, donc des marchés, à côté d'habitations.
La Ville de Dakar semble ignorer qu'au Sénégal; il y a pour tous les citoyens un droit à un environnement sain consacré et garanti par la Constitution.

En effet, ce jour, des dizaines de marchands déguerpis des artères principales du centre ville  se sont présentés sur le site litigieux, sous la protection de forces de l'ordre , pour une opération d'identification  des heureux bénéficiaires, qui rappelons le, n'acquitteront aucun loyer sur ce terrain nu, non aménagé, qui vaut au bas mot 1 milliard de francs cfa.

Les images qui suivent sont édifiantes, et écoeurantes.

Que nous reste t-il à faire, sinon examiner la situation avec calme, et étudier les voies et moyens de défendre légalement et pacifiquement, le cadre de vie des habitants de la commune de Dakar?

La Ville de Dakar, qui fait la sourde oreille à la pétition de centaines de citoyens, et aux différentes interpellations des média, semble ignorer que son attitude s'analyse en droit à une voie de fait.

Selon Wikipedia, 'la voie de fait est une illégalité manifeste de l'administration commise dans l'accomplissement d'une opération matérielle d'exécution. L'administration porte alors atteinte, de façon grave, au droit de propriété ou à une liberté fondamentale, soit en prenant une décision insusceptible de se rattacher à ses attributions, soit en procédant à l'exécution forcée injustifiée d'une décision, même légale."

Nous sommes en consultation avec des avocats riverains, et non des moindres, qui se sont portés volontaires pour défendre la primauté du Droit, et  attraire la Ville de Dakar et son représentant Khalifa Sall devant le juge administratif ou pénal pour voie de fait, pour le moins.

 Affaire à suivre...To be continued..



Thursday, November 7, 2013

SANDAGA, LA MAISON DE L'AFRIQUE. Un scenario de Djibril Mambeti Diop





Il y a un quart de siècle, le Président Abdou Diouf recevait en audience une délégation d'artistes, introduite par le journaliste Babacar Touré. Il y avait le cinéaste Djibril Mambeti Diop, le peintre Ibou Diouf, et l' 'inclassifiable" artiste Issa Samb, alias Joe Ouakam.
Une proposition qui avait particulièrement retenu l'intérêt du Président Diouf, était l'idée de la transformation du bâtiment abritant le marche Sandaga en Maison de l'Afrique, une proposition toujours pertinente et d'actualité.
Le cinéaste visionnaire Djibril Mambet Diop (1945-1998), auto-proclamé Chargé de Mission  avait conçu  le scenario ci-après, Sandaga, La Maison de l'Afrique




SANDAGA, LA MAISON DE L'AFRIQUE



ARGUMENTAIRE

L'ouverture du Sénégal sur le monde constitue une donnée naturelle, découlant tant de son histoire que de la position géographique de Dakar, ville océane et de confluences. Ce qui dicte à celle-ci une vocation prestigieuse: ville carrefour, de brassages culturels et civilisationnels multiples et pluriséculaires. Une vocation à mieux assumer, en confortant la capitale sénégalaise dans son statut de ville-phare qui balise la voie vers la Civilisation de l'Universel, incarnation vivante du rêve du poète.

Une ambition de cette envergure, pour être réalisée, mérite d'être partagée par des hommes et des femmes de foi et de conviction, à la proue du combat et du mouvement des peuples résolument engagés dans la gigantesque entreprise de réhabilitation, de préservation et de valorisation de notre immense patrimoine culturel et artistique.

La Fondation, en gestation, des Amis de la Maison de l'Afrique, inscrit sa démarche dans cette vision généreuse et porteur d'avenir.


LA MAISON DE L'AFRIQUE: GENÈSE ET JUSTIFICATION

Au cours d'une audience tenue récemment, son Excellence Abdou Diouf, ¨Président de la République a accueilli, avec un enthousiasme marqué, cette haute idée qui lui a été soumise par le cinéaste Djibril Mambéti Diop.

L'implantation d'une Maison de l'AfrIque, au cœur de la capitale, participe de l'ordre des urgences les plus pressantes. La fondation d'utilité publique est, à nos yeux, l'instrument le plus approprié pour ce faire. Celle ci comprend des intellectuels mus par la volonté de contribuer à porter aux cîmes le rayonnement et l'image du Sénégal.

Assurément, les infrastructures de l'actuel marché Sandaga offrent le cadre idéal pour abriter cette Maison de l'Afrique qui sera un centre culturel africain d'un type nouveau, ayant vocation à être un centre d'échanges et un espace d'épanouissement de la créativité féconde de notre jeunesse.

L'Afrique y dialoguera avec elle-même, avec sa diaspora et avec le reste du monde.

Après adaptation, Sandaga, entouré de rues piétonnes et arborant fièrement les lignes si symboliques et si caractéristiques de l'architecture soudano-sahélienne, deviendra un des hauts lieux de rendez vous du donner et du recevoir; pour faire germer, éclore et fleurir des œuvres majeures de beauté.

Ainsi, Sandaga, qui prendra rang- l'UNESCO y consentira à coup sùr- dans le précieux patrimoine de l'humanité, cessera d'être une source de nuisance pour son environnement, la fonction de marché jusqu'ici y logée devant et pouvant être transférée dans les locaux de Petersen.

Naturellement, l'Etat et la Commune de Dakar seront les partenaires privilégiés de la Fondation dans la mise en oeuvre d'un projet de cette envergure.

En parfait accord avec eux, la Fondation définira tous les contours du projet, articulés à l'objet culturel précité.

Dans ce cadre, toutes les dimensions et contraintes institutionnelles, techniques, financières, sociales, politiques et autres seront cernées correctement, sous la conduite et la supervision du maître d'oeuvre que demeure la Fondation, tout au long du processus.

En tout état de cause, les bonnes dispositions et la disponibilité déjà manifestées tant par le Chef de l'Etat, le Maire de Dakar Mamadou Diop, que par de nombreuses personnes de bonne volonté, constituent des gages de succès certains.

Pour Les Amis de la Maison de l'Afrique,
Le Chargé de Mission
Djibril Mambéti Diop


Wednesday, October 30, 2013

SAGA SANDAGA



SAGA SANDAGA


Dans une récente déclaration sur le site de l'incendie du marché Sandaga, Mr Pape Diop ancien maire de Dakar, nous apprend qu'il avait lui-même, en 2008, fait le constat, accompagné d'une équipe de la télévision nationale, du danger imminent; Mr Diop dit avoir envoyé son rapport au président Abdoulaye Wade, avant d'être appelé à des fonctions plus prestigieuses: président de l'assemblée nationale, puis président du sénat ( deuxième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire, après le père et le fils qui ne faisaient qu'un.. )
Manifestement ce rapport, comme tant d'autre rapports sous l’ère Wade, ne fut pas suivi des mesures idoines. Au contraire, une insupportable anarchie s'ajouta au cocktail de pollution, d'insalubrité et de délinquance.
Depuis un certain conseil des ministres du gouvernement du Sénégal tenu en octobre 2013, les choses s'emballent.
Que le conseil des ministres inscrive la question du marché Sandaga au premier point de son ordre du jour est étonnant, mais assurément un bon signe pour Renaissance Dakar-Plateau, dont la lettre ouverte adressée au maire de Dakar quelques jours auparavant le suppliait de nous préserver " du Joola bis que constitue le marché Sandaga."
Depuis lors, le préfet de Dakar a pris un arrêté portant fermeture du marché Sandaga.
En fait cela fait au moins vingt ans que la dangerosité de ce bâtiment historique a été constatée, et des solutions pertinentes proposées. Le seul bien, mais combien appréciable, qui a été fait à ce bâtiment depuis le temps est de l'avoir classé patrimoine historique.
Une semaine plus après la fermeture du marché par mesure administrative urgente, un incendie est déclaré. Mr Diop, ancien maire, revenu dans l'opposition, soupçonne une main criminelle derrière l'incendie. " Ce n'est pas gratuit", dit-il.
Une décision préfectorale de "recasement provisoire" des marchands sur un terrain situé en face du palais de justice est annoncée.à travers les media. De quoi faire sortir le juge Kanji, premier président de la cour d'appel, de sa réserve légendaire. "Inadmissible! Manque de respect vis a vis du pouvoir judiciaire!".
Devant la menace du corps judiciaire en entier d'observer un arrêt de travail, il est aussitôt procédé au démantèlement du "marché provisoire.
Intervient le ministre de la justice,  avocat de profession, pour annoncer le redéploiement des marchands sur le site des champs de course/4C, en fait deux sites proches mais distincts. Lequel vraiment de ces deux sites? En tous cas, aux dernières nouvelles, ni les populations de la Médina, ni les marchand déguerpis ne veulent de ce site des champs de course.
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La Saga Sandaga continue...


Bara Diokhané
www.facebook.com/rendakpla




Saturday, October 26, 2013

COMBIEN COUTE DAKAR?

 par Sylvette Maurin

Combien "coûte" la ville de Dakar ! Bon sang de bon sang, si je pouvais, je l'achèterais en entier, du nord au sud, de l'est à l'ouest... Je rénoverais tout, je conserverais tout, je nettoierais tout, je laisserais les arbres et les baobabs, je planterais des flamboyants partout, je construirais des jardins d'enfants, des espaces verts, des bassins, des jets d'eaux, pas trop, je mettrais de l'éclairage photovoltaïque partout, je nettoierais toutes les rues, tous les trottoirs, je construirais des supers marchés chouettes et sympathiques partout où cela serait possible, sans que cela ne dérange les riverains, je construirais des maternités, des centres de planning familial, des orphelinats, tout, tout, tout, des jardins d'enfants, des crèches, des écoles, des collèges, des lycées, je garderais toutes les anciennes constructions, et là où cela ne serait vraiment plus possible, je ferais construire des immeubles, pas trop hauts, avec de super beaux matériaux, et qui soient adaptés au climat de la presqu'île... Oh N'Dakarou, N'Dakarou, si je pouvais, je t'achèterais en entier et je ferais de toi la reine des villes de cette planète, la plus belle, la mieux lotie, la mieux dotée, je te ferais des robes de mariées de toutes les couleurs, je te projetterais sur tous les écrans du monde, pour montrer comme tu es belle, avec tes corniches, à l'est, à l'ouest, et tes plages et criques magnifiques, et tes recoins secrets, cachés, dissimulés, camouflés, ton océan qui lèche tes rivages, tes vagues blanches, tes falaises de basalte, tes rites, tes secrets, tes légendes, tes modernités ! N'Dakarou, N'Dakarou, comment peut-on te laisser ainsi basculer, d'année en année. Je t'aime, ma ville, ma belle cité atlante, je t'aime tant ! Que les Mamiwatas te protègent ! Amine.
INCENDIE A SANDAGA!






Pape Diop, ancien maire de Dakar, ancien président de l'assemblée nationale, ancien président du sénat, et figure de l'opposition, pense qu'il y a une main criminelle derrière l'incendie de Sandaga...

Tuesday, October 22, 2013

Sandaga: What's next? Bara Diokhané







Djibril Mambety Diop (photo Badara Diokhané)


Le mythique marché Sandaga fermé! On ose à peine y croire, tellement cette mesure urgente de sécurité et de salubrité publique, annoncée depuis une vingtaine d'années tardait à se matérialiser, malgré la détérioration évidente du bâtiment et la grave menace sanitaire.

Pour l'enfant du Plateau que je fus et demeure, Sandaga, c'est une partie de mon vécu, car durant mon adolescence, j'y allais acheter des fruits et légumes, ou de la cola, pour ma mére. J'en profitais pour monter jusqu'à la terrasse où des ballets africains qui faisaient le tour du monde conduisaient leurs répétitions. J'avais aussi un voisin guinéen dont le père, un homme austère et sévère, vendait des fruits à Sandaga., Il nous arrivait d'aller visiter son stand, espérant quelques fruits qu'il ne nous offrait jamais. Nous avions un nom de code pour lui:.

Je sais donc que le marché Sandaga a contribué au développement de mon sens du rythme, des couleurs et des rencontres.

Quel grand bonheur, quel grand honneur,quelle émotion, ce jour inoubliable où je me trouvais assis au premier rang d' un spectacle au Lincoln Center de New York, présentant les ballets africains, avec, cerise sur le gâteau, le Tambour Major, Doudou NDiaye Rose, qui en finale, dirigea un grand ensemble de percussionnistes sénégalais, nigérians, maliens, guinéens, burundais...L''unité culturelle de l'Afrique en démonstration rythmique et harmonique devant une salle comble électrifiée.

En intro du concert, Doudou avait improvisé un hommage à Amadou Diallo, le jeune Guinéen du Bronx qui venait juste de recevoir 41 coups de feu de la part de policiers  new-yorkais. (Bruce Springsteen, the Boss, réalisa plus tard son titre "41 Shots")

Les années ont passé, et de nos jours Sandaga est le véritable problème d'aménagement urbain du centre-ville de Dakar, un capharnaüm répugnant et dangereux. Un véritable cauchemar.

Selon l' influent site de destinations touristiques Lonely Planet; "le marché Sandaga est l'endroit de Dakar où vous pouvez tout acheter, tant qu'on ne vole pas votre portefeuille".

Quelle triste et préjudiciable réputation pour le Coeur de Dakar!

Le cancer a failli atteindre le stade de la métastase avec la malheureuse installation, par la Ville de Dakar, de trois sites hideux de" recasement" provisoire sur la plus mythique des artères de la capitale sénégalaise!

Fort heureusement l'Etat a pris le taureau par les cornes en inscrivant le problème de Sandaga au premier point de l'ordre du jour d'un conseil des ministres, prévenant ainsi l’avènement d'une terrible catastrophe.




 C'est au sortir d'une audience qu'avait accordée le président Abdou Diouf en 1995 à un groupe d'artistes et d'intellectuels, que la proposition de déplacer le marché Sandaga vers une autre zone fut retenue.

 Faisait partie de la délégation feu Djibril Mambéty Diop, le visionnaire cinéaste  dont l'oeuvre fut entièrement réalisée à Dakar. Djibril avait bien su vendre au président son rêve de voir le bâtiment classé abritant le marché Sandaga être restauré pour abriter un lieu culturel dit "La Maison de l'Afrique", qui serait le centre d'une zone piétonne, avec des commerces offrant le meilleur Made in Sénégal.
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Complétant le rêve, notre ami Lorenzo Pace le sculpteur new-yorkais offrit de réaliser gratuitement au carrefour de Sandaga la dyptique de son monument "Triumph of the Human Spirit" érigé devant la Cour Suprême de New York, à la porte de Wall Street.

Avec la décision courageuse et salutaire de fermeture et d'évacuation en urgence du marché Sandaga, le rêve de Djibril et Lorenzo s'approcherait t-il  du réel? Osons rêver avec eux, et le résultat sera un Dakar enfin décidé à entrer dans le 3e millénaire.


Bara Diokhané