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Tuesday, January 21, 2014

Une nouvelle jurisprudence (suite)


L'ORDONNANCE CS 001/2014



Il s'agit d'un important précédent judiciaire au Sénégal, pour au moins deux raisons:


1) C'est pour la première fois que La Cour Suprême du Sénégal est saisie en urgence d'un recours administratif -une nouvelle possibilité procédurale instituée par l'article 77 de la loi de 2008 sur la Cour Suprême--Un recours intenté par le biais d'une requête de citoyens estimant que la décision de la Ville de Dakar de recaser des marchands déguerpis de Sandaga dans leur quartier résidentiel constituait une violation de leur droit fondamental à un environnement sain.

Selon l'article 77 précité:

"Dans tous les cas d'urgence, le premier président de la Cour suprême, ou le président de la chambre administrative peut, d'office ou sur simple requête présentée, avec ou  sans ministère d'avocat, et qui est recevable même  en  l’absence  d'une  décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits survenus, susceptibles de donner lieu a un litige devant la Cour suprême"

 La décision de la Cour Suprême a donc consacré l'existence et l'effectivité d'un recours administratif de type nouveau, important et efficace au service des citoyens. 


L'exercice de cette compétence par la Cour Suprême raffermit le principe de la séparation des pouvoirs, en plaçant la Cour dans une position de Juge des Libertés


2) La Cour Suprême, exerçant cette compétence particulière, a, pour  la  première  fois,  judiciairement sanctionné l'existence au Sénégal d'un droit constitutionnel à un environnement sain, un droit humain dit de troisième génération garanti par l' article 8 de la Constitution sénégalaise

3) Il faudra dés lors s'attendre à un afflux important d'affaires et de cas issus d'un contentieux de type nouveau;

Des ressources humaines et matérielles supplémentaires seront nécessaires pour faire face à une demande croissante de justice venant des citoyens.

4) L'Etat de Droit et la Citoyenneté s'en trouveront d'autant renforcés, qu'il s'agit de la consécration de l’avènement d'une Justice Environnementale au Sénégal.

5) Sur le plan économique, il s'agit d'un bon point pour l'image internationale du Sénégal dans le cadre du "Doing Business", car un système où les décisions contestables de l'administration peuvent être légalement et rapidement déférées à la censure de la Cour suprême donne confiance aux investisseurs et touristes, tout en relevant de la maturité démocratique en Afrique.



Bara Diokhané
www.facebook.com/rendakpla

Thursday, January 9, 2014

Une Jurisprudence est Née au Sénégal le 9 Janvier 2014!



Par ordonnance No 001 en date du 9 Janvier 2014, Mme Fatou Habibatou Diallo, Présidente de la Chambre Administrative de la Cour Suprême du Sénégal a rendu la décision suivante:

" Vu la requête reçue le 9 décembre 2013 des habitants et riverains de la rue Elhaj Mass Diokhané, sise à Dakar-Plateau, élisant tous domicile en l'Etude de Maitre Bara Diokhané, Avocat à la Cour;

"Vu la loi organique no 2008-35 du 8 août 2008 sur la Cour Suprême, notamment en son article 77;

"Vu les pièces produites;

"Ordonnons une expertise aux frais des requérants à l'effet de déterminer les contours et l'impact du projet initié par le Maire de la Ville de Dakar portant recasement de commerçants sur la rue Elhaj Mass Diokhané.

"Désignons Monsieur Amara Touré, Expert, à l'effet d'y procéder;

"Ordonnons la signification de la présente ordonnance au Maire de la ville de Dakar."

Nous saluons cette décision historique  et courageuse.

Nous ne reviendrons pas sur les faits à la base de ce recours, ceux ci ayant ete largement exposés par écrit et par l'image dans des posts précédents de Renaissance Dakar-Plateau.

C'est la première fois dans l'histoire du Sénégal, que la Cour Suprême a l'occasion d' exercer une compétence importante que lui a attribuée la loi organique 2008-35 sur la Cour Suprême, notamment dans ses dispositions spéciales relatives aux recours en matière administrative.

En se prononçant de la sorte sur la requête des habitants de la Commune de Dakar-Plateau, la Cour Suprême s'est non seulement estimé compétente, mais a déclaré l'action recevable, et bien fondée.

Cela veut dire, en pratique, que désormais, au Sénégal, il existe ce qu'on appelle un référé administratif, c'est à dire un moyen procédural accordé  à tous les citoyens, permettant de soumettre d'urgence devant le Premier Président de la Cour Suprême, ou le Président de la Chambre Administrative de la Cour Suprême,  les travers de l'administration, lorsque ceux-ci portent atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Constitution..Dans le cas d'espéce, il s'agit du droit à un environnement sain, garanti par l'article 8 de la Constitution du Sénégal.

C'est une importante bréche dans le mur de l'arbitraire et la mal gouvernance, et un grand pas dans le renforcement des libertés publiques et de l'Etat de droit durable.

Une jurisprudence est née au Sénégal le 9 Janvier 2014. Excellente Année 2014!



 https://www.facebook.com/rendakpla

http://www.aps.sn/articles.php?id_article=123331

http://www.rewmi.com/go-bara-marque-un-point-contre-khalifa-sall.html

Tuesday, January 7, 2014

Plaidoyer pour une mobilisation des usagers des banques et services financiers. Par Cheikh MBacké Diokhané

PLAIDOYER POUR UNE MOBILISATION DES USAGERS DES BANQUES
ET DES SERVICES FINANCIERS FACE A L’INEFFICACITE DE LA POLITIQUE DE CREDIT DE LA BCEAO

Le Conseil des Ministres de l’UEMOA a , au cours de sa réunion du 28 juin 2013 adopté « la loi uniforme portant définition et répression de l’usure »  ainsi que, « la loi uniforme relative au taux d’intérêt légal » . Il a aussi décidé de la baisse du taux de l’usure qui représente le plafond de taux effectif global (TEG) applicable aux crédits accordés par les établissements de crédit (banques , établissements financiers et systèmes financiers décentralisés) de la Zone , à compter de janvier 2014.

La baisse décidée de 3% du taux de l’usure fera ainsi passer de 18% à 15% le taux applicable aux établissements de crédit et de 27% à 24%, celui applicable aux  systèmes financiers décentralisés.

Cette décision longuement revendiquée suscite de légitimes appréhensions de la part des usagers des banques et des services financiers, du fait de son fondement discutable (I) ainsi que, des risques de sa non effectivité à l’instar des diverses mesures de baisse des taux d’intérêts débiteurs antérieures (II) ; appelant ainsi, une mobilisation des usagers pour la défense de leurs intérêts (III).

I. Le fondement économique et éthique de la décision est discutable

Dans les années 1980, les taux d’intérêts des crédits étaient calculés sur la base des taux de refinancement de la BCEAO (un taux d’escompte normal applicable à tous secteurs et un taux d’escompte préférentiel applicable à des secteurs jugés prioritaires comme l’agriculture). Sur ces bases, la marge d’intermédiation financière des banques était d’autorité, fixée à 5 points. Pour pallier les risques et protéger les consommateurs, l’autorité avait mis en place un plafond au delà duquel tout prêt consenti serait considéré comme usuraire, constituant ainsi un délit.

Au cours des décennies suivantes, dans un contexte marqué par la libéralisation du secteur qui posait le principe de la libre négociation des taux entre la clientèle et l’établissement de crédit et,  par la rareté des ressources financières qui faisait que l’essentiel des ressources des banques provenait du Marché Monétaire de la BCEAO ; les taux plafonds d’usure en cours avaient été fixés par décision du Conseil des Ministres du 3 juillet 1997 , afin de permettre à la fois, un sain financement de l’économie et une intermédiation financière rentable.

De 1998 à 2013, soit pendant quinze années, les taux d’usure des crédits sont restés immuables alors que ses principaux déterminants ont changé avec la reforme du marché monétaire entrainant le remplacement des taux d’escompte par les taux directeurs du marché monétaire qui varient actuellement de 3,25% à 3 ,75% ; la gratuité des dépôts à vue de la clientèle qui constituent plus  de 80% des ressources sur lesquelles, les établissements de crédit prêtent ; et qui rompent l’équité qui devrait régir la relation banque - client . Cette rupture sera encore plus prononcée, avec l’avènement prochain de la gratuité des dépôts en comptes d’épargne qui fait actuellement l’objet d’un intense lobbying des établissements dépositaires de comptes d’épargne.

Dans un contexte dit de « libéralisation » de la relation, comment l’autorité monétaire censée réguler le secteur a-t-elle pu pendant aussi longtemps, priver l’une des parties (le client) d’une juste  rémunération de ses avoirs ? et permettre à l’autre partie (établissement de crédit)  de se faire rémunérer aussi grassement sur la transformation de ces mêmes avoirs ?

Aujourd'hui en décidant d'une baisse de 3% du plafond des crédits qui n’est pas toujours respecté par les établissements de crédit,  l’Autorité semble chercher à se donner bonne conscience, après tant d’années de passivité.

Cette décision comme celles qui l’ont précédé ne garantiront ni une baisse des intérêts appliqués à la clientèle, ni le respect du taux d’usure par les établissements de crédit.

II. La mesure risque d’être sans effet sur les taux des crédits à la clientele

En dehors de la fixation du taux plafond d’usure, le principal instrument d’administration et ou de régulation de la politique de crédit au sein de l’UEMOA est la fixation du taux de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidités et au taux de guichet de prêt marginal à partir desquels, les établissements de crédit se refinancent au niveau de la BCEAO. Or rien qu’en 2013, le Comité de Politique Monétaire de la BCEAO a décidé de plusieurs baisses des taux directeurs qui ne se sont pas reflétées sur les taux applicables aux crédits consentis à la clientèle.

En effet, la « Revue Economique et Monétaire de la BCEAO en son numéro 1 » admettait « qu'en dépit des baisses régulières des taux directeurs du marché monétaire, les taux d’intérêts n'ont cessé d'augmenter de 2005 à 2012 »

Dans le même temps, la note de conjoncture économique de mars 2013 de la Direction de la Prévision et des Statistiques Economiques (DPEE) du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) affirmait « qu’entre octobre 2012 et mars 2013, les taux directeurs ont connu deux baisses de 0,25 points chacune alors que, les taux des crédits au secteur productif ont crû de 0,59% ; ceux aux particuliers de 0,35% et ceux aux entreprises individuelles de 1,17 » (soit plus de 4 fois la baisse décidée).

Pour corroborer ces sources, les autorités de la BCEAO, devant une dénonciation du Président Macky Sall du niveau élevé des taux d’intérêts dans certains secteurs économiques (agriculture, habitat social et financement des femmes et des jeunes)  lors des cérémonies du symposium du cinquantenaire de la BCEAO en Novembre 2012,se sont contentés de déclarer « partager le constat que les taux d’intérêts sont anormalement élevés en Afrique » ; alors que leur institution est censée y pallier .

Ces constats des plus hautes Institutions et Autorités en la matière, ainsi que des Usagers des services bancaires, ont  fini de démontrer les limites des principaux instruments de politique de crédit dans la baisse des taux d’intérêts applicables aux crédits. Ces derniers étant plus guidés par des objectifs de stabilité de cadre macroéconomique et financier ; de stabilité de système financier et de maitrise de l’inflation dans la Zone.

Au lu de ce qui précède et à l’instar des diverses tentatives infructueuses de baisse des taux d’intérêts débiteurs précédentes, la mesure de baisse actuelle du plafond de l’usure risque de n’être suivie d’aucun effet sur les crédits contractés par les usagers qui continueront à subir le diktat des établissements de crédit, sous la surveillance passive des Autorités.

Le manque d’efficacité des instruments de politique de crédit conduit à la situation paradoxale où sur des années d’observation, les résultats des établissements de crédit croissent plus rapidement que ceux des entreprises qu’ils sont censés accompagner du simple fait de l’application de taux d’intérêts exorbitants sur lesquels, les Autorités monétaires elles mêmes, se rémunèrent.

III. La nécessaire mobilisation des usagers pour la cessation d’un enrichissement sans cause

Devant l’inefficacité avérée des mesures administratives, la bonne organisation de la défense de intérêts des établissements de crédit à travers leurs organisations professionnelles, la présence d’un Observatoire de la Qualité des Services Financiers OQSF qui, bien que financé sur des deniers publics  revendique sa neutralité entre les usagers et les établissements de crédit  ainsi que, la conjonction d’intérêts entre les établissements de crédit et les Autorités (étatiques et communautaires) ; seule une mobilisation des usagers autour d’associations fortes d’usagers de banques et de services financiers, pourra  défendre les intérêts des usagers qui aujourd’hui, sont  laissés à eux-mêmes , sous le couvert d’une libéralisation sans régulation  qui met en présence , dans une relation très déséquilibrée , des acteurs fortement outillés (les établissements de crédit) et très peu avertis (les usagers) .

Cette mobilisation permettra de lutter efficacement afin d’obtenir une juste rémunération de leurs dépôts ainsi que, des niveaux raisonnables de taux d’intérêts qui leur sont appliqués contrairement à ceux actuels et qui, au niveau des particuliers érodent leur pouvoir d’achat, les appauvrissent et les entrainent vers le surendettement et au niveau des entreprises, plombent leur compétitivité et leur rentabilité.

Au-delà de la question centrale sur l’application des intérêts créditeurs et débiteurs, la mobilisation des usagers permettra aussi de lutter contre toutes les formes d’abus dont ils sont victimes dans leur relation quotidienne avec les établissements de crédit et à la prise de conscience qu’ils constituent le socle du système financier et ne sauraient continuer à se confiner à une position de « victime » d’un Système qu’ils ne cessent de décrier, sans essayer de le connaitre , de le soutenir parfois et de le dénoncer, à chaque fois que de besoin.

Pour une amélioration du Système dans le sens de la satisfaction de ses besoins et dans des conditions optimales , les usagers (entreprises privées , particuliers, institutions et   entreprises publiques ) devront occuper pleinement leur place dans le Système et ne savoir compter que sur eux-mêmes pour obtenir des acquis à l’instar des associations consuméristes des pays du Nord comme l’Association des Usagers de Banques de France (AFUB) qui a été à l’avant-garde de la lutte contre les abus et de belles avancées dans la qualité et les coûts des services bancaires et financiers en France.

L’Etat du Sénégal, garant de l’intérêt général, devrait aussi appuyer cette mobilisation qui sera salutaire pour l’économie nationale à travers l’amélioration de la compétitivité des entreprises et la protection du pouvoir d’achat des populations.

Aucune entité ne mènera ce combat pour le compte, et à la place des usagers !


Monsieur Cheickh Mbacke Diokhane

Secrétaire exécutif de l’Association Sénégalaise
des Usagers de Banque et de Services Financiers
ASUBSF



Thursday, January 2, 2014

L' An Historique 2014


A l'aube de cette année nouvelle, Renaissance Dakar-Plateau se fait le plaisir, en guise de voeux, de partager un moment agréable avec un monument de la culture universelle, que la dynamique association Sununet a eu l'heureuse idée de compter parmi les illustres personnalités du Sénégal, à honorer.

A 80 ans passés, Le Tambour Major, , Doudou NDiaye Coumba Rose, ne cessera de nous émerveiller.

Une belle maniére de célébrer une année qui s'annonce déjà historique pour Renaissance Dakar-Plateau, car, ne l'oublions pas, pour la premiére fois dans l'histoire judiciaire du Sénégal, la Cour Suprême va, devoir se prononcer par ordonnance sur la requéte des populations de la Commune de Dakar-Plateau en défense de leur droit constitutionnel à un environnement sain, menacé par la malencontreuse décision de la Ville de Dakar, d'installer, sous des baches, des marchés sauvages dans leur quartier.

Selon la loi, le Premier Président de la Cour Suprême, ou le Président de la Chambre administrative de ladite Cour, doit se prononcer dans un délai de 48 heures!

Vivement une suite favorable à notre requête déposée il y a bientôt un mois!

Et ce sera l'An historique 2014, qui marquera une étape importante dans la conquête des libertés, et dans le raffermissement de l'Etat de Droit au Sénégal.

Happy New Year

Friday, December 6, 2013

Requête des Populations de Dakar-Plateau contre la Municipalité écocide de Dakar. Ave Madiba!




REQUETE A MONSIEUR LE PREMIER PRESIDENT DE LA COUR SUPREME


Les habitants et riverains de la rue Elhadj Mass Diokhané, Dakar-Plateau dont les noms suivent :
Agence immobilière Camara, 16 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Marie NDiaye, demeurant à Dakar, 7, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Alioune Badara Fall, avocat à la Cour, 17 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau ;
Ets Tamsir MBoup, sis à Dakar-Plateau,1, rue Mass Diokhané,
Ismael Ka, notaire, rue Felix Faure, Dakar-Plateau
NDéye  NDoye  Thiandoum, ménagère, 14 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Ouréye  MBengue, 14, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Moumini  Hachimi, cordonnier, demeurant à Daka,13 rue Mass Diokhané
Ass Niang, bijoutier, 11 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Badara  Diokhané, 8 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Mamoun  Diokhané, 8, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Mamadou  Diokhané, 8, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
Cheikh Fal, banquier, 19 rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau
George Layousse, pharmacien, rue Carnot, Dakar-Plateau
Sabah Saleh, couturiére, rue Carnot, Dakar-Plateau
Henri NDiaye, propriétaire Hotel Saint Louis, rue Félix Faure, Dakar-Plateau
Karim Houdrouge, entrepreneur, avenue André Peytavin, Dakar-Plateau
Henri Labéry, agent de voyages, avenue Peytavin, Dakar-Plateau
Bira Guéye, journaliste, 11 avenue Jean Jaurés, Dakar-Plateau
Papa Alassane NDir, expert, rue Amadou Assane NDoye, Dakar-Plateau
Cheikh Tidiane Sall, 64 rue Amadou Assane NDoye, Dakar-Plateau
Bocar Sy, consultant, Building Air France, avenue Peytavin, Dakar-Plateau
Addad Assane NDoye, , 80 avenue George Pompidou, Dakar-Plateau
Issa Samb, alias Joe Ouakam, artiste 13 rue Jules Ferry, Dakar-Plateau
Gabriel Fal, banquier, 32, rue Dr Théze, Dakar-Plateau
Lamine Diagne Cavin, rue Joseph Gomis, Dakar-Plateau
Joseph George NDiaye, Immeuble Sorano, avenue de la République, Dakar-Plateau
Ibou Séne, 63 avenue Lamine Guéye, Dakar-Plateau
Papa NDoye, rue Félix Faure, Dakar-Plateau
Mentor Diagne, 44 rue Vincens, Dakar-Plateau
Angelique Sow, 72 rue Assane NDoye, Dakar-Plateau
Moussa Diop Sambalaye, 8, rue Dardanelles, Dakar-Plateau
Louis Camara, 16 rue Jules Ferry, Dakar-Plateau
Boubacar Diallo, 60, rue Felix Faure, Dakar-Plateau


Faisant tous élection de domicile en l’étude de Me Bara Diokhané, Avocat à la Cour, 8, rue Mass Diokhané, Dakar-Plateau

ONT L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

Qu’ils sont, depuis des décennies, résidents et riverains de la rue Elhadj Mass Diokhané (ex rue Denain) sise à Dakar-Plateau, une petite rue d’à peine 200 mètres de long, déjà amputée d’une bonne partie par les services du Ministère de l’ Intérieur qui en refusent le passage aux piétons non autorisés ;
Que courant Mai 2003, ils furent informés par une banderole suspendue sur la devanture d’un terrain nu sis au no 3 de la rue Mass Diokhané, que la Ville de Dakar devait en faire un « site de recasement provisoire des marchands tabliers », lesquels venaient d’être déguerpis des environs du marché Sandaga;
Qu’une visite sur les lieux prévus pour installer ce marché spontané révèle que pour une installation prévue pour plus de deux cents marchands tabliers, seules deux toilettes mobiles sont installées sur le site non aménagé (voir photo)
Que le 8 Juillet 2013 les requérants ont formellement exprimé leur opposition à un tel projet conduit en violation d’un droit fondamental proclamé et garanti par la Constitution Sénégalaise, à savoir le droit à un environnement sain (article 8), par le dépôt à l’Hôtel de Ville de Dakar d’une pétition regroupant les signatures de centaines de citoyens de la commune de Dakar-Plateau ;
Que durant le mois d’Aout 2013, le quotidien Enquête publiait un reportage fouillé sur le problème intitulé : Les riverains de la rue Mass Diokhané disent : « Non » http://www.enqueteplus.com/content/dakar-plateau-recasement-provisoire-des-ambulants-les-riverains-de-la-rue-mass-diokhan%C3%A9
Que le 26 septembre 2013, Mr Bara Diokhané publiait dans le blog Renaissance Dakar-Plateau une « Lettre d’un Dakarois au Maire de Dakar » dans laquelle étaient présentés les arguments des habitants de la commune de Dakar-Plateau http://rendakpla.blogspot.com/2013/09/lettre-dun-dakarois-au-maire-de-dakar.html
Que malgré toutes ces interpellations et approches citoyennes, la Ville de Dakar s’est étrangement abstenue de toute communication sur  cette imminente menace à la santé, à la sécurité et au cadre de vie de paisibles citoyens ;
Qu’il est remarquable qu’après avoir annoncé la mesure qualifiée d’urgente et provisoire depuis le mois de mai 2013, ce n’est que le… 27 Novembre 2013, que les premiers signes d’installation ont été observés, comme en fait foi le procès-verbal de Me Gnagna Seck, huissier de justice ;  
Que le comportement de la Ville de Dakar constitue une atteinte à un droit fondamental garanti par la Constitution du Sénégal, notamment en son article 8 traitant des libertés publiques, et garantissant à tous citoyens le droit fondamental à un environnement sain ;
Que la Ville de Dakar viole les dispositions légales prévues par le Code de l’Environnement relatives aux installations classées, notamment en ses articles L9 ; L13 et L16.
Aux termes de l’article L9 du Code de l’Environnement, sont considérées comme installations classées  « les installations industrielles artisanales ou commerciales exploitées ou détenues par toute personne physique ou morales, publique ou privée, et toutes autres activités qui présentent soit des dangers pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, soit des inconvénients pour la commodité du voisinage. » 

De même l’article L13 dispose : » Les installations classées dans la première classe doivent faire l’objet avant leur construction ou leur installation ou leur mise en service d’une autorisation d’exploitation délivrée par arrêté du ministre chargé de l’environnement. »
« Cette autorisation est obligatoirement subordonnée à leur éloignement sur un rayon de 500 mètres au moins des habitations. »

Enfin l’article L 16 précise : « La demande d’autorisation d’une installation de première classe doit faire l’objet d’une enquête publique prescrite par décision du représentant de l’Etat. »
Qu’il y a urgence qui justifie le recours aux dispositions des articles 77, 78 et 79 et 80 de la loi organique sur la Cour Suprême afin que soit ordonné : 
-       Le sursis à exécution. 
La désignation d’un expert aux fins d’ étude de l’impact environnemental du projet de recasement provisoire des marchand déguerpis de Sandaga dans le secteur résidentiel de la rue Elhaj Mass Diokhané à Dakar-Plateau.

Sous toutes réserves,
Pour requête présentée à Dakar, le 4 Décembre 2013

Me Bara Diokhané
Avocat à la Cour

Thursday, November 28, 2013

Le Retour des Déguerpis

LE RETOUR DES DEGUERPIS

Après quelques semaines de répit, la Ville de Dakar revient compromettre le bien-être des habitants de la commune de Dakar-Plateau, avec son projet débile,  de recaser "provisoirement" les marchands déguerpis des grandes artères sur la minuscule rue résidentielle dite Mass Diokhané, ceci en violation des règles élémentaires de bonne gouvernance, qui exigent: l'information, la concertation, et la transparence. Et en violation des dispositions légales qui régissent la question de l'installation d'établissements classés, donc des marchés, à côté d'habitations.
La Ville de Dakar semble ignorer qu'au Sénégal; il y a pour tous les citoyens un droit à un environnement sain consacré et garanti par la Constitution.

En effet, ce jour, des dizaines de marchands déguerpis des artères principales du centre ville  se sont présentés sur le site litigieux, sous la protection de forces de l'ordre , pour une opération d'identification  des heureux bénéficiaires, qui rappelons le, n'acquitteront aucun loyer sur ce terrain nu, non aménagé, qui vaut au bas mot 1 milliard de francs cfa.

Les images qui suivent sont édifiantes, et écoeurantes.

Que nous reste t-il à faire, sinon examiner la situation avec calme, et étudier les voies et moyens de défendre légalement et pacifiquement, le cadre de vie des habitants de la commune de Dakar?

La Ville de Dakar, qui fait la sourde oreille à la pétition de centaines de citoyens, et aux différentes interpellations des média, semble ignorer que son attitude s'analyse en droit à une voie de fait.

Selon Wikipedia, 'la voie de fait est une illégalité manifeste de l'administration commise dans l'accomplissement d'une opération matérielle d'exécution. L'administration porte alors atteinte, de façon grave, au droit de propriété ou à une liberté fondamentale, soit en prenant une décision insusceptible de se rattacher à ses attributions, soit en procédant à l'exécution forcée injustifiée d'une décision, même légale."

Nous sommes en consultation avec des avocats riverains, et non des moindres, qui se sont portés volontaires pour défendre la primauté du Droit, et  attraire la Ville de Dakar et son représentant Khalifa Sall devant le juge administratif ou pénal pour voie de fait, pour le moins.

 Affaire à suivre...To be continued..



Thursday, November 7, 2013

SANDAGA, LA MAISON DE L'AFRIQUE. Un scenario de Djibril Mambeti Diop





Il y a un quart de siècle, le Président Abdou Diouf recevait en audience une délégation d'artistes, introduite par le journaliste Babacar Touré. Il y avait le cinéaste Djibril Mambeti Diop, le peintre Ibou Diouf, et l' 'inclassifiable" artiste Issa Samb, alias Joe Ouakam.
Une proposition qui avait particulièrement retenu l'intérêt du Président Diouf, était l'idée de la transformation du bâtiment abritant le marche Sandaga en Maison de l'Afrique, une proposition toujours pertinente et d'actualité.
Le cinéaste visionnaire Djibril Mambet Diop (1945-1998), auto-proclamé Chargé de Mission  avait conçu  le scenario ci-après, Sandaga, La Maison de l'Afrique




SANDAGA, LA MAISON DE L'AFRIQUE



ARGUMENTAIRE

L'ouverture du Sénégal sur le monde constitue une donnée naturelle, découlant tant de son histoire que de la position géographique de Dakar, ville océane et de confluences. Ce qui dicte à celle-ci une vocation prestigieuse: ville carrefour, de brassages culturels et civilisationnels multiples et pluriséculaires. Une vocation à mieux assumer, en confortant la capitale sénégalaise dans son statut de ville-phare qui balise la voie vers la Civilisation de l'Universel, incarnation vivante du rêve du poète.

Une ambition de cette envergure, pour être réalisée, mérite d'être partagée par des hommes et des femmes de foi et de conviction, à la proue du combat et du mouvement des peuples résolument engagés dans la gigantesque entreprise de réhabilitation, de préservation et de valorisation de notre immense patrimoine culturel et artistique.

La Fondation, en gestation, des Amis de la Maison de l'Afrique, inscrit sa démarche dans cette vision généreuse et porteur d'avenir.


LA MAISON DE L'AFRIQUE: GENÈSE ET JUSTIFICATION

Au cours d'une audience tenue récemment, son Excellence Abdou Diouf, ¨Président de la République a accueilli, avec un enthousiasme marqué, cette haute idée qui lui a été soumise par le cinéaste Djibril Mambéti Diop.

L'implantation d'une Maison de l'AfrIque, au cœur de la capitale, participe de l'ordre des urgences les plus pressantes. La fondation d'utilité publique est, à nos yeux, l'instrument le plus approprié pour ce faire. Celle ci comprend des intellectuels mus par la volonté de contribuer à porter aux cîmes le rayonnement et l'image du Sénégal.

Assurément, les infrastructures de l'actuel marché Sandaga offrent le cadre idéal pour abriter cette Maison de l'Afrique qui sera un centre culturel africain d'un type nouveau, ayant vocation à être un centre d'échanges et un espace d'épanouissement de la créativité féconde de notre jeunesse.

L'Afrique y dialoguera avec elle-même, avec sa diaspora et avec le reste du monde.

Après adaptation, Sandaga, entouré de rues piétonnes et arborant fièrement les lignes si symboliques et si caractéristiques de l'architecture soudano-sahélienne, deviendra un des hauts lieux de rendez vous du donner et du recevoir; pour faire germer, éclore et fleurir des œuvres majeures de beauté.

Ainsi, Sandaga, qui prendra rang- l'UNESCO y consentira à coup sùr- dans le précieux patrimoine de l'humanité, cessera d'être une source de nuisance pour son environnement, la fonction de marché jusqu'ici y logée devant et pouvant être transférée dans les locaux de Petersen.

Naturellement, l'Etat et la Commune de Dakar seront les partenaires privilégiés de la Fondation dans la mise en oeuvre d'un projet de cette envergure.

En parfait accord avec eux, la Fondation définira tous les contours du projet, articulés à l'objet culturel précité.

Dans ce cadre, toutes les dimensions et contraintes institutionnelles, techniques, financières, sociales, politiques et autres seront cernées correctement, sous la conduite et la supervision du maître d'oeuvre que demeure la Fondation, tout au long du processus.

En tout état de cause, les bonnes dispositions et la disponibilité déjà manifestées tant par le Chef de l'Etat, le Maire de Dakar Mamadou Diop, que par de nombreuses personnes de bonne volonté, constituent des gages de succès certains.

Pour Les Amis de la Maison de l'Afrique,
Le Chargé de Mission
Djibril Mambéti Diop